Projet Forêts Classées Bénin (PFC-B) : Une nouvelle approche agricole pour freiner la dégradation des forêts

Face à la dégradation accélérée des forêts classées, le Bénin amorce un tournant stratégique en repensant ses pratiques agricoles. À travers le Projet Forêts Classées Bénin (PFC-B), l’Unité Intégrée de Gestion des Projets (UIGP), sous la tutelle du Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable, a initié une série de formations visant à promouvoir une agriculture durable, résiliente et respectueuse des écosystèmes.

Concrètement, ces sessions de formation visent à renforcer les capacités techniques du personnel des ONG ainsi que des structures telles que les CTAF/SONAB, afin de mieux répondre aux défis spécifiques de chaque zone et d’assurer un encadrement de qualité des agriculteurs intervenant dans les séries agricoles.

Après une première étape à Savè, le programme s’est poursuivi dans le nord du Bénin, notamment dans les communes de N’Dali et Bembèrèkè, du 10 au 13 mars 2026. Ces sessions ont intégré des démonstrations pratiques adaptées aux réalités de chaque zone agroécologique. L’ambition est claire : accompagner la transition d’une agriculture extensive, souvent responsable de la dégradation des ressources naturelles, vers une agriculture intensive maîtrisée, capable d’améliorer durablement les rendements tout en préservant les écosystèmes forestiers.

La mise en œuvre opérationnelle de ces formations a été confiée au consortium Éco Consult / Solca, sous la direction de l’expert en vulgarisation du PFC, Firmin Amadji. Selon lui, « l’ère du labour systématique est révolue ». Il s’agit désormais de réduire le travail du sol tout en garantissant des productions agricoles performantes et durables.

Chaque session a réuni 47 participants, répartis en sous-groupes encadrés par trois formateurs aux compétences complémentaires. Les formations ont porté sur des pratiques concrètes et adaptées aux contextes locaux, notamment :

  • la réduction du travail du sol à travers la promotion de la culture sans labour, afin de préserver la fertilité ;
  • l’aménagement des parcelles par le piquetage et la mise en place de haies vives ;
  • l’installation de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte pour une gestion efficiente de l’eau ;
  • le renforcement des synergies entre agriculteurs et éleveurs pour une gestion intégrée des ressources naturelles.

Un accent particulier a également été mis sur l’harmonisation des protocoles techniques, afin de garantir la cohérence et l’efficacité des interventions sur l’ensemble des sites.

Au-delà des apports théoriques, ces formations privilégient une approche pratique. Les participants ont été directement impliqués dans des activités de terrain telles que le piquetage, la confection de billons et les diagnostics de sol. Cette démarche permet aux techniciens de maîtriser les gestes techniques avant de les transmettre aux producteurs, favorisant ainsi une meilleure appropriation des innovations.

Les agents formés constituent désormais un maillon stratégique du dispositif. Ils auront pour mission de transférer les connaissances acquises aux bénéficiaires finaux que sont les agriculteurs, en vue de faciliter l’adoption de pratiques agricoles durables.

À l’approche de la saison des pluies, l’enjeu est désormais d’accélérer la diffusion de ces innovations. Plus qu’une simple réforme agricole, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de réconciliation durable entre l’homme et la forêt. Chaque hectare préservé représente une victoire partagée pour l’agriculture, la biodiversité et la lutte contre le changement climatique.

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